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Dear…

Dear all,

Vous vous demandez ce qu’est Dear ? Considérez dans ce cas que c’est un lieu de rendez-vous où critiques, journalistes, penseurs contemporains et artistes se rencontrent ; un lieu où le temps est compté et où les archives s’altèrent. Ce site internet rend public leurs correspondances, en publiant automatiquement le contenu brut de leurs emails.


À propos de Dear

Trop souvent « traduites », appauvries, par l’exercice contraint de l’entretien ou des propos rapportés, les relations privilégiées qu’établissent critiques et artistes tout au long du processus de création semblent dissimulées derrière un masque froid.
Créé au printemps 2015, Dear entend mettre en lumière ces correspondances invisibles par un échange épistolaire publique et sans filtre ; avec la volonté de mettre à l’épreuve, par l’exigence d’un dialogue soutenu, le processus de production lui-même.
Par l’urgence qu’entraine l’absence d’échanges, laissant s’éloigner, jour après jour, le message précédent ; par la mise en page automatique d’un contenu brut envoyé par email, et par la disparition progressive, immuable des données et des reflexions d’hier ; Dear vise à engager le dialogue décomplexé d’un artiste et d’un critique, afin de construire, à deux, une reflexion commune.


Crédits

Dear est une initiative de l’association Simon Bolivar, composée de Cédric Aurelle, Marie Descourtieux, Gilles Drouault, Caroline Ferreira, Emmanuelle Lequeux et Claire Moulène.
Développement de la plateforme : Clément Ducerf.
Élaboration du projet : Adel Cersaque.


Dear bénéficie d’une bourse du DICREAM.


Dear all,

If you do wonder what is Dear, you might as well think of it as a meeting place, where critics, journalists, contemporary thinkers and artists gather ; a place where time is counted and archives alterable. This website is the public display of their live correspondences, automatically publishing the raw content of their emails.


About Dear

Too often “translated”, impoverished by the constrained practice of the interview, the exclusive relationship between critics and artists seem to be concealed behind a cold mask.
Created in spring 2015, Dear aims to shine a light on these hidden activities through a public, unrevised correspondence; with the will to challenge, by a constant dialogue, the process of production itself.
With the urgency of preventing time from setting apart one message from the other; through the automated formatting of a raw email content, and as material and past considerations progressively vanish, Dear intends to initiate an upfront dialogue between an artist and a critic, in order to put together a common reflexion.


Credits

Dear is the joint initiative of the Association Simon Bolivar:
Cédric Aurelle, Marie Descourtieux, Gilles Drouault, Caroline Ferreira, Emmanuelle Lequeux and Claire Moulène.
Development of the platform: Clément Ducerf.
Created by Adel Cersaque.


Dear received a grant from the DICREAM.


Louise Drulhe

Auteur de « L’atlas critique d’Internet », Louise Drulhe (1990) s'interroge sur la représentation de l'espace d'Internet et envisage la spatialisation comme un outil de compréhension socio-politique de cet espace. Ce travail a été présenté lors d’une exposition personnelle à La Paillasse (Paris, mai 2016). Depuis son diplôme à l’École des Arts Décoratifs de Paris (juin 2015), elle construit une recherche théorique et plastique sur la représentation des paysages digitaux. Récemment, elle s’intéresse à la blockchain et réalise une vidéo de 15 minutes sur le sujet qui sera exposée à iMAL, Centre de culture digital et technologie (Bruxelles, Nov 2016). « Blockchain, une architecture du contrôle » est un article-vidéo qui étudie les enjeux socio-politiques de la blockchain par une analyse spatiale et propose une visualisation inédite de cette technologie. Aujourd’hui, elle prolonge ces recherches par une résidence de 9 mois financée par les Galeries Lafayette.


> Le 9 janv. 2017 à 14:25, Louise Drulhe louise.drulhe@gmail.com a écrit :
>
>
>>> Le 28 oct. 2016 à 12:34, Adel Cersaque adelcersaque@gmail.com a écrit :
>>>
>>> Dear Louise,
>>
>> —> Dear Adel,
>>
>> ——>Dear Louise,
>>
>> ———> Dear Adel,
>>
>> ————> Dear Louise,
>
> —————> Dear Adel,

> ———————> Dear Louise,
>
>>> On est vraiment très excité de débuter cette conversation avec toi !
>>
>> —> Moi aussi !
>>
>> —> Je déroge à la règle en te répondant entre les lignes de ton email.
>> —> Dans la notice du projet, il nous était pourtant demandé de supprimer l’historique des messages.
>> —> Ce doit être une manière de me protéger à l’intérieur de ton texte. L’angoisse de la page blanche.
>>
>> —> Et si tu répondais dans mon texte ? Notre écriture serait enrichie d’une dimension graphique et formelle.
>> —> Nos différents emails deviendraient la trace temporelle d’un dialogue qui grossi de l’intérieur.
>> —> Ou tout simplement, un espoir de sauvegarde face à l’usure programmée ?
>>
>> ——> Très bonne idée ! Répondre entre les lignes et donner un peu de prégnance à cette idée que tous les livres sont en fait les notes de bas de page des livres précédents. Je crois que j’avais lu ça dans Le silence des livres de George Steiner.
>>
>> ——> C’est amusant parce qu’un professeur que nous avons eu en commun répondais à mes mails de cette façon lorsque j’étais étudiant. Je te le donne en mille : P. Millot. Ça correspond bien à son intérêt pour les incunables et les anciens humanistes, qui annotaient directement sur les livres précieux des bibliothèques universitaires (voir img 1 : Leon Battista Alberti. De re aedificatoria. Florence, 1485, in-folio).
>>
>>> Dis, tu travailles sur quoi en ce moment ?
>>
>> —> Je travaille sur une carte du web. Elle se base sur une hypothèse (Internet a un relief dirigé) issue de mon atlas d’internet . Dans ce chapitre, j’observe la concentration d’activités en ligne repartie entre les mains de quelques acteurs. Spatialement leurs poids étant plus importants, ils ont creusé la surface du web donnant naissance à un relief particulier.
>>
>> ——> Est-ce qu’on pourrait dire que leur poids leur donne plus de gravité dans l’espace du web ? Ta description me fait penser aux images qu’on utilise souvent pour décrire l’espace-temps avec un draps tendu, quelques billes et des oranges.
>>
>> —> En ce moment, je suis entrain de redéfinir l’échelle de ces cartes. Mes premiers dessins se basaient sur un classement : les 500 plus gros sites selon Alexa. Par ce classement, j’obtenais un ordre de grandeur mais pas d’informations précises.
>>
>> —> Aujourd’hui, j’ai plus de données et je me demande ce qui fait réellement la grandeur d’un site ?
>> —> Est-ce que c’est la taille en pixel de ses pages ?
>> —> Le nombre de pages web qu’il possède ?
>> —> Le nombre de visiteurs et le temps qu’ils restent sur ce site ?
>> —> Le nombre de clics ?
>> —> Ou encore, le nombre de liens qui lient vers ce site ?
>> —> Ou autre chose ?
>>
>> —> Mais toi, qu’est-ce que tu en penses ? Comment mesurerais-tu Internet ?
>>
>> ——> C’est une belle question. Pour ma part, l’idée de poids me semble plus juste que celle de grandeur. Pour reprendre le modèle de la gravité, peut-être que certains sites mineurs tournent autour d’autres, titanesques, et que le nombre d’hyperliens qui les lient augmente alors qu’ils s’en rapprochent — le nombre de clics aussi. Les monstres du web seraient suffisamment lourds pour ne tourner que sur eux-mêmes, déterminant ainsi le relief d’internet.
>>
>> ———> Pour toi l’espace d’Internet serait un espace en mouvement ? C’est marrant, je n’ai pas du tout creusé cette piste. Enfin, le mouvement dans l’infrastructure physique d’Internet est indéniable : l’échange d’informations qui transitent à travers le globe est basé effectivement sur la transmission donc le mouvement. Mais dans mon travail, je m’intéresse plutôt à l’espace « mental » du web, ce qu’on a pu appeler à une époque le « cyberespace ». Je cherche à définir la forme d’Internet : quelles sont les distances et les proximités en ligne. Je tente de bâtir la carte du web. Mais je n’ai pas pensé à une carte en mouvement. Pourtant ça fait sens.
>>
>> ———> Si la carte d’Internet était douée d’un mouvement, je ne pense pas que ce serait un mouvement cyclique, comme celui de l’univers. Je pense plus à une logique de vibration ou de fréquence.
>>
>> ———> Ici, on pourrait imaginer la cartographie de l’espace du web non par la représentation de ses pages web mais par l’activité des internautes. Leurs mouvements à certains « endroits » dessineraient une géographie. Les déplacements de leur souris, les copier-coller, les clics animeraient le web et de cette animation sortirait un motif. Ça me fait penser à ces expériences où on place un ensemble de grains de sable de manière homogène sur une surface. Puis, en leur appliquant une vibration sonore, un motif se forme.
>>
>>
>> ————> C’est très beau.
>>
>> ———> Peut-être que la carte d’internet est le motif qui se dégage de l’accumulation de nos actions, de la somme de nos métadonnées abandonnées…
>>
>> ———> À creuser !
>>
>> ———> Ça me fait aussi penser à ces travaux de Moniker :
studiomoniker.com/projects/do-not-touch
studiomoniker.com/projects/out-of-line
>> ————> Remarque, le problème avec une carte en mouvement, c’est qu’elle peut difficilement être la représentation d’un espace à temps t, mais en utilisant une forme de «versioning» elle pourrait rester lisible. Il serait intéressant de rendre accessible un «versioning» d’une carte du monde en ligne
>
>>
>
>> ——> Cette vidéo, justement, illustre doublement mon propos : un modèle de l’espace-temps ; et un lien mineur qui, par le système de recommandations de Youtube, devient un lien majeur à presque 30M de vues. (voir img2)
>>
>>> Tu continues de développer ton atlas depuis ta résidence ?
>>
>> —> Oui.
>> —> Enfin. L’atlas est fini. Mais je continue à réfléchir à la représentation de l’espace d’Internet. Je me pose la question de l’espace invisible du web. Mais je n’en dirai pas plus pour le moment.
>>
>> ——>Ça m’évoque encore la cosmologie, avec l’énergie sombre, invisible mais responsable de l’expansion de l’Univers. J’ai hâte d’en savoir plus sur ces mystères.
>>
>>> Ça se passe comment d’ailleurs ?
>>
>> —> Très bien.
>> —> Et toi, est-ce que tu te plais au Ludlow Avenue Offices ?
>>
>> ——>Oui, c’est super, nous sommes en pleine conception de la maquette du Giants Yard tel qu’il doit exister dans l’histoire que nous avons imaginé. Est-ce qu’on t’en a déjà un peu parlé ?
>>
>> ———> Non pas vraiment. J’aimerais bien que tu me racontes !
>>
>> ————> Nous sommes donc en train de réaliser la maquette du Giants Yard, à savoir une vaste coupole située à l’intérieur d’une verte colline évidée, en province, au milieu de nulle part — pas trop éloignée non plus d’une autoroute européenne. Dans cette vaste coupole se trouve une immense table autour de laquelle trônent 8 têtes de briques rouges, assez grandes pour que chacune d’entre elles contienne une table pouvant accueillir 6 convives. Ces tables figurent des langues : elles dépassent des têtes par leurs bouches. Ainsi, des plats parviennent au convives en passant par la bouche du géant lorsqu’ils glissent sur la langue d’un géant. La cuisine, constamment active, est dissimulée sous la table titanesque, dans la coupole. Pour participer à ces festins avec d’autres inconnus, il n’y qu’à emprunter l’un des 8 étroits tunnels disposés autour de la colline, et qui mènent directement aux têtes. Je te raconterai la suite dans un prochain mail.
>
> —————> J’ai vraiment hâte de voir ça. Quand est-ce que vous prévoyez de réaliser le projet ?
> —————> Est-ce qu’il y aura un travail particulier sur les préparations culinaires ?

> ———————> Si tout se passe bien, une première bouture du projet sera montrée le 1er mars à la Galerie Des Multiples lors du lancement physique de DEAR.
> ———————> Dans l’ensemble du projet, le rôle de la nourriture a pris des rôles divers, et pour le moment sa place n’est pas clairement définie. Les réflexions que nous souhaitons explorer dans Giants Yard se rapportent à l’idée de cuisine rituelle laïque: dans les grandes lignes il s’agit de transposer l’usage traditionnel de la nourriture dans de nombreux rituels religieux, à un usage similaire dans les représentations politiques diverses. C’est un champs que nous avons mis en jachère le temps de dessiner et réaliser la partie dure de Giants Yard. Nous pensons reprendre ces réflexions en février, après le colloque Une Constituante Migrante.
> ———————> Néanmoins, il y aura des préparations non pas culinaires, mais alcoolisées, sur lesquelles nous projetons de travailler avec Géraldine Longueville, pour le lancement à la Galerie Des Multiples.

> —————> Ça m’évoque le Cyclop de Tinguely qui est dans le bois de Fontainebleau. J’ai attendu mes 8 ans avec impatience, c’était l’âge minimum requis pour visiter l’installation. Est-ce que votre géant sera ouvert aux enfants ?

> ———————> Je n’y suis jamais allé mais j’en avais déjà entendu parlé. C’est un endroit bien choisi pour monter un géant, il faudrait que je le visite, ça a l’air énorme, magnifique et monstrueux en même temps.
> ———————> Oui, il sera ouvert aux enfants, mais sa raison d’être leur échappera peut-être… est-on citoyen avant de pouvoir voter ? Les enfants sont généralement exclus des discussions et activités politiques, pourtant ils vivent les idéaux de l’État dans l’éducation. Je ne sais pas si Giant’s Yard peut inclure les enfants, c’est une bonne question.
> ———————> Tout cela me rappelle cette vidéo :
> —————> Par moment, je réfléchis à un art exclusivement fait pour les enfants. Une manière de dialoguer avec l’enfant que j’étais.
>
> ———————> J’ai pensé il y a peu à un art pour les enfants par les enfants. J’en parlais avec Raoul, c’est étrange ce statut qu’ont les enfants, des êtres humains en marge. Il y a déjà beaucoup de choses qui sont déclinées pour les enfants, même dans le domaine de l’art avec les films, livres, musiques, etc. Comment savoir ce qu’un art pour les enfants pourrait être ? Faut-il leur demander ? Cela doit-il être exclusivement pédagogique et/ou moralisateur, voire idiot ?

> ———————> P.S: tu m’as l’air bien nostalgique à vouloir dialoguer avec l’enfant que tu étais :-)

>> ————> J’ai quasiment terminé la maquette de ce lieu étrange (plan en pj).
>>
>> ————> Ça te dirait qu’on passe te rendre visite dans ton lieu de résidence un de ces 4 ?

> —————> Oui avec grand plaisir. Venez dans la semaine !
>
> ———————> Avec plaisir ! Vendredi en fin de journée ?

>> ————> Bien à toi,
>> ————> Adel
>
> —————> Bises,
> —————> Louise
>
> ———————> see u soon,
> ———————> Adel

>>>
>>> Fais un bisous à Raphaël de notre part.
>>
>> —> Je n’y manquerai pas.
>>
>>> xx
>>
>> —> À très vite,
>> —> Louise
>>
>> ——>Passe une belle journée,
>> ——>Adel
>>
>>>
>>> Adel
>>
>>
>



> Le 28 oct. 2016 à 12:34, Adel Cersaque <adelcersaque@gmail.com <mailto:adelcersaque@gmail.com>> a écrit :
>
> Dear Louise,

—> Dear Adel,

——>Dear Louise,

———> Dear Adel,

————> Dear Louise,

—————> Dear Adel,

> On est vraiment très excité de débuter cette conversation avec toi !

—> Moi aussi !

—> Je déroge à la règle en te répondant entre les lignes de ton email.
—> Dans la notice du projet, il nous était pourtant demandé de supprimer l’historique des messages.
—> Ce doit être une manière de me protéger à l’intérieur de ton texte. L’angoisse de la page blanche.

—> Et si tu répondais dans mon texte ? Notre écriture serait enrichie d’une dimension graphique et formelle.
—> Nos différents emails deviendraient la trace temporelle d’un dialogue qui grossi de l’intérieur.
—> Ou tout simplement, un espoir de sauvegarde face à l’usure programmée ?

——> Très bonne idée ! Répondre entre les lignes et donner un peu de prégnance à cette idée que tous les livres sont en fait les notes de bas de page des livres précédents. Je crois que j’avais lu ça dans Le silence des livres de George Steiner.

——> C’est amusant parce qu’un professeur que nous avons eu en commun répondais à mes mails de cette façon lorsque j’étais étudiant. Je te le donne en mille : P. Millot. Ça correspond bien à son intérêt pour les incunables et les anciens humanistes, qui annotaient directement sur les livres précieux des bibliothèques universitaires (voir img 1 : Leon Battista Alberti. De re aedificatoria. Florence, 1485, in-folio).

> Dis, tu travailles sur quoi en ce moment ?

—> Je travaille sur une carte du web. Elle se base sur une hypothèse (Internet a un relief dirigé) issue de mon atlas d’internet . Dans ce chapitre, j’observe la concentration d’activités en ligne repartie entre les mains de quelques acteurs. Spatialement leurs poids étant plus importants, ils ont creusé la surface du web donnant naissance à un relief particulier.

——> Est-ce qu’on pourrait dire que leur poids leur donne plus de gravité dans l’espace du web ? Ta description me fait penser aux images qu’on utilise souvent pour décrire l’espace-temps avec un draps tendu, quelques billes et des oranges.

—> En ce moment, je suis entrain de redéfinir l’échelle de ces cartes. Mes premiers dessins se basaient sur un classement : les 500 plus gros sites selon Alexa. Par ce classement, j’obtenais un ordre de grandeur mais pas d’informations précises.

—> Aujourd’hui, j’ai plus de données et je me demande ce qui fait réellement la grandeur d’un site ?
—> Est-ce que c’est la taille en pixel de ses pages ?
—> Le nombre de pages web qu’il possède ?
—> Le nombre de visiteurs et le temps qu’ils restent sur ce site ?
—> Le nombre de clics ?
—> Ou encore, le nombre de liens qui lient vers ce site ?
—> Ou autre chose ?

—> Mais toi, qu’est-ce que tu en penses ? Comment mesurerais-tu Internet ?

——> C’est une belle question. Pour ma part, l’idée de poids me semble plus juste que celle de grandeur. Pour reprendre le modèle de la gravité, peut-être que certains sites mineurs tournent autour d’autres, titanesques, et que le nombre d’hyperliens qui les lient augmente alors qu’ils s’en rapprochent — le nombre de clics aussi. Les monstres du web seraient suffisamment lourds pour ne tourner que sur eux-mêmes, déterminant ainsi le relief d’internet.

———> Pour toi l’espace d’Internet serait un espace en mouvement ? C’est marrant, je n’ai pas du tout creusé cette piste. Enfin, le mouvement dans l’infrastructure physique d’Internet est indéniable : l’échange d’informations qui transitent à travers le globe est basé effectivement sur la transmission donc le mouvement. Mais dans mon travail, je m’intéresse plutôt à l’espace « mental » du web, ce qu’on a pu appeler à une époque le « cyberespace ». Je cherche à définir la forme d’Internet : quelles sont les distances et les proximités en ligne. Je tente de bâtir la carte du web. Mais je n’ai pas pensé à une carte en mouvement. Pourtant ça fait sens.

———> Si la carte d’Internet était douée d’un mouvement, je ne pense pas que ce serait un mouvement cyclique, comme celui de l’univers. Je pense plus à une logique de vibration ou de fréquence.

———> Ici, on pourrait imaginer la cartographie de l’espace du web non par la représentation de ses pages web mais par l’activité des internautes. Leurs mouvements à certains « endroits » dessineraient une géographie. Les déplacements de leur souris, les copier-coller, les clics animeraient le web et de cette animation sortirait un motif. Ça me fait penser à ces expériences où on place un ensemble de grains de sable de manière homogène sur une surface. Puis, en leur appliquant une vibration sonore, un motif se forme.

———> https://www.youtube.com/watch?v=_GRlHjC1-DE

————> C’est très beau.

———> Peut-être que la carte d’internet est le motif qui se dégage de l’accumulation de nos actions, de la somme de nos métadonnées abandonnées…

———> À creuser !

———> Ça me fait aussi penser à ces travaux de Moniker :
———> studiomoniker.com/projects/do-not-touch
———> studiomoniker.com/projects/out-of-line

————> Remarque, le problème avec une carte en mouvement, c’est qu’elle peut difficilement être la représentation d’un espace à temps t, mais en utilisant une forme de «versioning» elle pourrait rester lisible. Il serait intéressant de rendre accessible un «versioning» d’une carte du monde en ligne

——> Cette vidéo, justement, illustre doublement mon propos : un modèle de l’espace-temps ; et un lien mineur qui, par le système de recommandations de Youtube, devient un lien majeur à presque 30M de vues. (voir img2)

——> https://www.youtube.com/watch?v=MTY1Kje0yLg

> Tu continues de développer ton atlas depuis ta résidence ?

—> Oui.
—> Enfin. L’atlas est fini. Mais je continue à réfléchir à la représentation de l’espace d’Internet. Je me pose la question de l’espace invisible du web. Mais je n’en dirai pas plus pour le moment.

——>Ça m’évoque encore la cosmologie, avec l’énergie sombre, invisible mais responsable de l’expansion de l’Univers. J’ai hâte d’en savoir plus sur ces mystères.

> Ça se passe comment d’ailleurs ?

—> Très bien.
—> Et toi, est-ce que tu te plais au Ludlow Avenue Offices ?

——>Oui, c’est super, nous sommes en pleine conception de la maquette du Giants Yard tel qu’il doit exister dans l’histoire que nous avons imaginé. Est-ce qu’on t’en a déjà un peu parlé ?

———> Non pas vraiment. J’aimerais bien que tu me racontes !

————> Nous sommes donc en train de réaliser la maquette du Giants Yard, à savoir une vaste coupole située à l’intérieur d’une verte colline évidée, en province, au milieu de nulle part — pas trop éloignée non plus d’une autoroute européenne. Dans cette vaste coupole se trouve une immense table autour de laquelle trônent 8 têtes de briques rouges, assez grandes pour que chacune d’entre elles contienne une table pouvant accueillir 6 convives. Ces tables figurent des langues : elles dépassent des têtes par leurs bouches. Ainsi, des plats parviennent au convives en passant par la bouche du géant lorsqu’ils glissent sur la langue d’un géant. La cuisine, constamment active, est dissimulée sous la table titanesque, dans la coupole. Pour participer à ces festins avec d’autres inconnus, il n’y qu’à emprunter l’un des 8 étroits tunnels disposés autour de la colline, et qui mènent directement aux têtes. Je te raconterai la suite dans un prochain mail.

—————> J’ai vraiment hâte de voir ça. Quand est-ce que vous prévoyez de réaliser le projet ?
—————> Est-ce qu’il y aura un travail particulier sur les préparations culinaires ?

—————> Ça m’évoque le Cyclop de Tinguely qui est dans le bois de Fontainebleau. J’ai attendu mes 8 ans avec impatience, c’était l’âge minimum requis pour visiter l’installation. Est-ce que votre géant sera ouvert aux enfants ?
—————> Par moment, je réfléchis à un art exclusivement fait pour les enfants. Une manière de dialoguer avec l’enfant que j’étais.

————> J’ai quasiment terminé la maquette de ce lieu étrange (plan en pj).

————> Ça te dirait qu’on passe te rendre visite dans ton lieu de résidence un de ces 4 ?

Oui avec grand plaisir. Venez dans la semaine !

————> Bien à toi,
————> Adel

—————> Bises,
—————> Louise

>
> Fais un bisous à Raphaël de notre part.

—> Je n’y manquerai pas.

> xx

—> À très vite,
—> Louise

——>Passe une belle journée,
——>Adel

Adel
>












> Le 28 oct. 2016 à 12:34, Adel Cersaque adelcersaque@gmail.com a écrit :
>
> Dear Louise,

—> Dear Adel,

——>Dear Louise,

———> Dear Adel,

————> Dear Louise,

>
> On est vraiment très excité de débuter cette conversation avec toi !

—> Moi aussi !

—> Je déroge à la règle en te répondant entre les lignes de ton email.
—> Dans la notice du projet, il nous était pourtant demandé de supprimer l’historique des messages.
—> Ce doit être une manière de me protéger à l’intérieur de ton texte. L’angoisse de la page blanche.

—> Et si tu répondais dans mon texte ? Notre écriture serait enrichie d’une dimension graphique et formelle.
—> Nos différents emails deviendraient la trace temporelle d’un dialogue qui grossi de l’intérieur.
—> Ou tout simplement, un espoir de sauvegarde face à l’usure programmée ?

——> Très bonne idée ! Répondre entre les lignes et donner un peu de prégnance à cette idée que tous les livres sont en fait les notes de bas de page des livres précédents. Je crois que j’avais lu ça dans Le silence des livres de George Steiner.

——> C’est amusant parce qu’un professeur que nous avons eu en commun répondais à mes mails de cette façon lorsque j’étais étudiant. Je te le donne en mille : P. Millot. Ça correspond bien à son intérêt pour les incunables et les anciens humanistes, qui annotaient directement sur les livres précieux des bibliothèques universitaires (voir img 1 : Leon Battista Alberti. De re aedificatoria. Florence, 1485, in-folio).

> Dis, tu travailles sur quoi en ce moment ?

—> Je travaille sur une carte du web. Elle se base sur une hypothèse (Internet a un relief dirigé) issue de mon atlas d’internet . Dans ce chapitre, j’observe la concentration d’activités en ligne repartie entre les mains de quelques acteurs. Spatialement leurs poids étant plus importants, ils ont creusé la surface du web donnant naissance à un relief particulier.

——> Est-ce qu’on pourrait dire que leur poids leur donne plus de gravité dans l’espace du web ? Ta description me fait penser aux images qu’on utilise souvent pour décrire l’espace-temps avec un draps tendu, quelques billes et des oranges.

—> En ce moment, je suis entrain de redéfinir l’échelle de ces cartes. Mes premiers dessins se basaient sur un classement : les 500 plus gros sites selon Alexa. Par ce classement, j’obtenais un ordre de grandeur mais pas d’informations précises.

—> Aujourd’hui, j’ai plus de données et je me demande ce qui fait réellement la grandeur d’un site ?
—> Est-ce que c’est la taille en pixel de ses pages ?
—> Le nombre de pages web qu’il possède ?
—> Le nombre de visiteurs et le temps qu’ils restent sur ce site ?
—> Le nombre de clics ?
—> Ou encore, le nombre de liens qui lient vers ce site ?
—> Ou autre chose ?

—> Mais toi, qu’est-ce que tu en penses ? Comment mesurerais-tu Internet ?

——> C’est une belle question. Pour ma part, l’idée de poids me semble plus juste que celle de grandeur. Pour reprendre le modèle de la gravité, peut-être que certains sites mineurs tournent autour d’autres, titanesques, et que le nombre d’hyperliens qui les lient augmente alors qu’ils s’en rapprochent — le nombre de clics aussi. Les monstres du web seraient suffisamment lourds pour ne tourner que sur eux-mêmes, déterminant ainsi le relief d’internet.

———> Pour toi l’espace d’Internet serait un espace en mouvement ? C’est marrant, je n’ai pas du tout creusé cette piste. Enfin, le mouvement dans l’infrastructure physique d’Internet est indéniable : l’échange d’informations qui transitent à travers le globe est basé effectivement sur la transmission donc le mouvement. Mais dans mon travail, je m’intéresse plutôt à l’espace « mental » du web, ce qu’on a pu appeler à une époque le « cyberespace ». Je cherche à définir la forme d’Internet : quelles sont les distances et les proximités en ligne. Je tente de bâtir la carte du web. Mais je n’ai pas pensé à une carte en mouvement. Pourtant ça fait sens.

———> Si la carte d’Internet était douée d’un mouvement, je ne pense pas que ce serait un mouvement cyclique, comme celui de l’univers. Je pense plus à une logique de vibration ou de fréquence.

———> Ici, on pourrait imaginer la cartographie de l’espace du web non par la représentation de ses pages web mais par l’activité des internautes. Leurs mouvements à certains « endroits » dessineraient une géographie. Les déplacements de leur souris, les copier-coller, les clics animeraient le web et de cette animation sortirait un motif. Ça me fait penser à ces expériences où on place un ensemble de grains de sable de manière homogène sur une surface. Puis, en leur appliquant une vibration sonore, un motif se forme.

https://www.youtube.com/watch?v=_GRlHjC1-DE

————> C’est très beau.

———> Peut-être que la carte d’internet est le motif qui se dégage de l’accumulation de nos actions, de la somme de nos métadonnées abandonnées…

———> À creuser !

———> Ça me fait aussi penser à ces travaux de Moniker :
studiomoniker.com/projects/do-not-touch

studiomoniker.com/projects/out-of-line


————> Remarque, le problème avec une carte en mouvement, c’est qu’elle peut difficilement être la représentation d’un espace à temps t, mais en utilisant une forme de «versioning» elle pourrait rester lisible. Il serait intéressant de rendre accessible un «versioning» d’une carte du monde en ligne.

——> Cette vidéo, justement, illustre doublement mon propos : un modèle de l’espace-temps ; et un lien mineur qui, par le système de recommandations de Youtube, devient un lien majeur à presque 30M de vues. (voir img2)

https://www.youtube.com/watch?v=MTY1Kje0yLg

> Tu continues de développer ton atlas depuis ta résidence ?

—> Oui.
—> Enfin. L’atlas est fini. Mais je continue à réfléchir à la représentation de l’espace d’Internet. Je me pose la question de l’espace invisible du web. Mais je n’en dirai pas plus pour le moment.

——>Ça m’évoque encore la cosmologie, avec l’énergie sombre, invisible mais responsable de l’expansion de l’Univers. J’ai hâte d’en savoir plus sur ces mystères.

> Ça se passe comment d’ailleurs ?

—> Très bien.
—> Et toi, est-ce que tu te plais au Ludlow Avenue Offices ?

——>Oui, c’est super, nous sommes en pleine conception de la maquette du Giants Yard tel qu’il doit exister dans l’histoire que nous avons imaginé. Est-ce qu’on t’en a déjà un peu parlé ?

———> Non pas vraiment. J’aimerais bien que tu me racontes !

————> Nous sommes donc en train de réaliser la maquette du Giants Yard, à savoir une vaste coupole située à l’intérieur d’une verte colline évidée, en province, au milieu de nulle part — pas trop éloignée non plus d’une autoroute européenne. Dans cette vaste coupole se trouve une immense table autour de laquelle trônent 8 têtes de briques rouges, assez grandes pour que chacune d’entre elles contienne une table pouvant accueillir 6 convives. Ces tables figurent des langues : elles dépassent des têtes par leurs bouches. Ainsi, des plats parviennent au convives en passant par la bouche du géant lorsqu’ils glissent sur la langue d’un géant. La cuisine, constamment active, est dissimulée sous la table titanesque, dans la coupole. Pour participer à ces festins avec d’autres inconnus, il n’y qu’à emprunter l’un des 8 étroits tunnels disposés autour de la colline, et qui mènent directement aux têtes. Je te raconterai la suite dans un prochain mail.

————> J’ai quasiment terminé la maquette de ce lieu étrange (plan en pj).

————> Ça te dirait qu’on passe te rendre visite dans ton lieu de résidence un de ces 4 ?
————> Bien à toi,
————> Adel

>
> Fais un bisous à Raphaël de notre part.

—> Je n’y manquerai pas.

> xx

—> À très vite,
—> Louise

——>Passe une belle journée,
——>Adel

>
> Adel



> Le 28 oct. 2016 à 12:34, Adel Cersaque <adelcersaque@gmail.com <mailto:adelcersaque@gmail.com>> a écrit :
>
> Dear Louise,

—> Dear Adel,

——>Dear Louise,

———> Dear Adel,

>
> On est vraiment très excité de débuter cette conversation avec toi !

—> Moi aussi !

—> Je déroge à la règle en te répondant entre les lignes de ton email.
—> Dans la notice du projet, il nous était pourtant demandé de supprimer l’historique des messages.
—> Ce doit être une manière de me protéger à l’intérieur de ton texte. L’angoisse de la page blanche.

—> Et si tu répondais dans mon texte ? Notre écriture serait enrichie d’une dimension graphique et formelle.
—> Nos différents emails deviendraient la trace temporelle d’un dialogue qui grossi de l’intérieur.
—> Ou tout simplement, un espoir de sauvegarde face à l’usure programmée ?

——> Très bonne idée ! Répondre entre les lignes et donner un peu de prégnance à cette idée que tous les livres sont en fait les notes de bas de page des livres précédents. Je crois que j’avais lu ça dans Le silence des livres de George Steiner.

——> C’est amusant parce qu’un professeur que nous avons eu en commun répondais à mes mails de cette façon lorsque j’étais étudiant. Je te le donne en mille : P. Millot. Ça correspond bien à son intérêt pour les incunables et les anciens humanistes, qui annotaient directement sur les livres précieux des bibliothèques universitaires (voir img 1 : Leon Battista Alberti. De re aedificatoria. Florence, 1485, in-folio).

> Dis, tu travailles sur quoi en ce moment ?

—> Je travaille sur une carte du web. Elle se base sur une hypothèse (Internet a un relief dirigé) issue de mon atlas d’internet . Dans ce chapitre, j’observe la concentration d’activités en ligne repartie entre les mains de quelques acteurs. Spatialement leurs poids étant plus importants, ils ont creusé la surface du web donnant naissance à un relief particulier.

——> Est-ce qu’on pourrait dire que leur poids leur donne plus de gravité dans l’espace du web ? Ta description me fait penser aux images qu’on utilise souvent pour décrire l’espace-temps avec un draps tendu, quelques billes et des oranges.

—> En ce moment, je suis entrain de redéfinir l’échelle de ces cartes. Mes premiers dessins se basaient sur un classement : les 500 plus gros sites selon Alexa. Par ce classement, j’obtenais un ordre de grandeur mais pas d’informations précises.

—> Aujourd’hui, j’ai plus de données et je me demande ce qui fait réellement la grandeur d’un site ?
—> Est-ce que c’est la taille en pixel de ses pages ?
—> Le nombre de pages web qu’il possède ?
—> Le nombre de visiteurs et le temps qu’ils restent sur ce site ?
—> Le nombre de clics ?
—> Ou encore, le nombre de liens qui lient vers ce site ?
—> Ou autre chose ?

—> Mais toi, qu’est-ce que tu en penses ? Comment mesurerais-tu Internet ?

——> C’est une belle question. Pour ma part, l’idée de poids me semble plus juste que celle de grandeur. Pour reprendre le modèle de la gravité, peut-être que certains sites mineurs tournent autour d’autres, titanesques, et que le nombre d’hyperliens qui les lient augmente alors qu’ils s’en rapprochent — le nombre de clics aussi. Les monstres du web seraient suffisamment lourds pour ne tourner que sur eux-mêmes, déterminant ainsi le relief d’internet.

———> Pour toi l’espace d’Internet serait un espace en mouvement ? C’est marrant, je n’ai pas du tout creusé cette piste. Enfin, le mouvement dans l’infrastructure physique d’Internet est indéniable : l’échange d’informations qui transitent à travers le globe est basé effectivement sur la transmission donc le mouvement. Mais dans mon travail, je m’intéresse plutôt à l’espace « mental » du web, ce qu’on a pu appeler à une époque le « cyberespace ». Je cherche à définir la forme d’Internet : quelles sont les distances et les proximités en ligne. Je tente de bâtir la carte du web. Mais je n’ai pas pensé à une carte en mouvement. Pourtant ça fait sens.

———> Si la carte d’Internet était douée d’un mouvement, je ne pense pas que ce serait un mouvement cyclique, comme celui de l’univers. Je pense plus à une logique de vibration ou de fréquence.

———> Ici, on pourrait imaginer la cartographie de l’espace du web non par la représentation de ses pages web mais par l’activité des internautes. Leurs mouvements à certains « endroits » dessineraient une géographie. Les déplacements de leur souris, les copier-coller, les clics animeraient le web et de cette animation sortirait un motif. Ça me fait penser à ces expériences où on place un ensemble de grains de sable de manière homogène sur une surface. Puis, en leur appliquant une vibration sonore, un motif se forme.



———> Peut-être que la carte d’internet est le motif qui se dégage de l’accumulation de nos actions, de la somme de nos métadonnées abandonnées…

———> À creuser !

———> Ça me fait aussi penser à ces travaux de Moniker :
———> studiomoniker.com/projects/do-not-touch
———> studiomoniker.com/projects/out-of-line


——> Cette vidéo, justement, illustre doublement mon propos : un modèle de l’espace-temps ; et un lien mineur qui, par le système de recommandations de Youtube, devient un lien majeur à presque 30M de vues. (voir img2)


> Tu continues de développer ton atlas depuis ta résidence ?

—> Oui.
—> Enfin. L’atlas est fini. Mais je continue à réfléchir à la représentation de l’espace d’Internet. Je me pose la question de l’espace invisible du web. Mais je n’en dirai pas plus pour le moment.

——>Ça m’évoque encore la cosmologie, avec l’énergie sombre, invisible mais responsable de l’expansion de l’Univers. J’ai hâte d’en savoir plus sur ces mystères.

> Ça se passe comment d’ailleurs ?

—> Très bien.
—> Et toi, est-ce que tu te plais au Ludlow Avenue Offices ?

——>Oui, c’est super, nous sommes en pleine conception de la maquette du Giants Yard tel qu’il doit exister dans l’histoire que nous avons imaginé. Est-ce qu’on t’en a déjà un peu parlé ?

———> Non pas vraiment. J’aimerais bien que tu me racontes !

>
> Fais un bisous à Raphaël de notre part.

—> Je n’y manquerai pas.

> xx

—> À très vite,
—> Louise

——>Passe une belle journée,
——>Adel

>
> Adel




> Le 28 oct. 2016 à 12:34, Adel Cersaque adelcersaque@gmail.com a écrit :
>
> Dear Louise,

—> Dear Adel,

——>Dear Louise,

>
> On est vraiment très excité de débuter cette conversation avec toi !

—> Moi aussi !

—> Je déroge à la règle en te répondant entre les lignes de ton email.
—> Dans la notice du projet, il nous était pourtant demandé de supprimer l’historique des messages.
—> Ce doit être une manière de me protéger à l’intérieur de ton texte. L’angoisse de la page blanche.

—> Et si tu répondais dans mon texte ? Notre écriture serait enrichie d’une dimension graphique et formelle.
—> Nos différents emails deviendraient la trace temporelle d’un dialogue qui grossi de l’intérieur.
—> Ou tout simplement, un espoir de sauvegarde face à l’usure programmée ?

——> Très bonne idée ! Répondre entre les lignes et donner un peu de prégnance à cette idée que tous les livres sont en fait les notes de bas de page des livres précédents. Je crois que j’avais lu ça dans Le silence des livres de George Steiner.

——> C’est amusant parce qu’un professeur que nous avons eu en commun répondais à mes mails de cette façon lorsque j’étais étudiant. Je te le donne en mille : P. Millot. Ça correspond bien à son intérêt pour les incunables et les anciens humanistes, qui annotaient directement sur les livres précieux des bibliothèques universitaires (voir img 1 : Leon Battista Alberti. De re aedificatoria. Florence, 1485, in-folio).



> Dis, tu travailles sur quoi en ce moment ?

—> Je travaille sur une carte du web. Elle se base sur une hypothèse (Internet a un relief dirigé) issue de mon atlas d’internet . Dans ce chapitre, j’observe la concentration d’activités en ligne repartie entre les mains de quelques acteurs. Spatialement leurs poids étant plus importants, ils ont creusé la surface du web donnant naissance à un relief particulier.

——> Est-ce qu’on pourrait dire que leur poids leur donne plus de gravité dans l’espace du web ? Ta description me fait penser aux images qu’on utilise souvent pour décrire l’espace-temps avec un draps tendu, quelques billes et des oranges.

—> En ce moment, je suis entrain de redéfinir l’échelle de ces cartes. Mes premiers dessins se basaient sur un classement : les 500 plus gros sites selon Alexa. Par ce classement, j’obtenais un ordre de grandeur mais pas d’informations précises.

—> Aujourd’hui, j’ai plus de données et je me demande ce qui fait réellement la grandeur d’un site ?
—> Est-ce que c’est la taille en pixel de ses pages ?
—> Le nombre de pages web qu’il possède ?
—> Le nombre de visiteurs et le temps qu’ils restent sur ce site ?
—> Le nombre de clics ?
—> Ou encore, le nombre de liens qui lient vers ce site ?
—> Ou autre chose ?

—> Mais toi, qu’est-ce que tu en penses ? Comment mesurerais-tu Internet ?

——> C’est une belle question. Pour ma part, l’idée de poids me semble plus juste que celle de grandeur. Pour reprendre le modèle de la gravité, peut-être que certains sites mineurs tournent autour d’autres, titanesques, et que le nombre d’hyperliens qui les lient augmente alors qu’ils s’en rapprochent — le nombre de clics aussi. Les monstres du web seraient suffisamment lourds pour ne tourner que sur eux-mêmes, déterminant ainsi le relief d’internet.
——> Cette vidéo, justement, illustre doublement mon propos : un modèle de l’espace-temps ; et un lien mineur qui, par le système de recommandations de Youtube, devient un lien majeur à presque 30M de vues. (voir img2)


> Tu continues de développer ton atlas depuis ta résidence ?

—> Oui.
—> Enfin. L’atlas est fini. Mais je continue à réfléchir à la représentation de l’espace d’Internet. Je me pose la question de l’espace invisible du web. Mais je n’en dirai pas plus pour le moment.

——>Ça m’évoque encore la cosmologie, avec l’énergie sombre, invisible mais responsable de l’expansion de l’Univers. J’ai hâte d’en savoir plus sur ces mystères.

> Ça se passe comment d’ailleurs ?

—> Très bien.
—> Et toi, est-ce que tu te plais au Ludlow Avenue Offices ?

——>Oui, c’est super, nous sommes en pleine conception de la maquette du Giants Yard tel qu’il doit exister dans l’histoire que nous avons imaginé. Est-ce qu’on t’en a déjà un peu parlé ?

>
> Fais un bisous à Raphaël de notre part.

—> Je n’y manquerai pas.

> xx

—> À très vite,
—> Louise

——>Passe une belle journée,
——>Adel

>
> Adel

> Le 28 oct. 2016 à 12:34, Adel Cersaque <adelcersaque@gmail.com> a écrit :
>
> Dear Louise,

—> Dear Adel,

>
> On est vraiment très excité de débuter cette conversation avec toi !

—> Moi aussi !

—> Je déroge à la règle en te répondant entre les lignes de ton email.
—> Dans la notice du projet, il nous était pourtant demandé de supprimer l’historique des messages.
—> Ce doit être une manière de me protéger à l’intérieur de ton texte. L’angoisse de la page blanche.

—> Et si tu répondais dans mon texte ? Notre écriture serait enrichie d’une dimension graphique et formelle.
—> Nos différents emails deviendraient la trace temporelle d’un dialogue qui grossi de l’intérieur.
—> Ou tout simplement, un espoir de sauvegarde face à l’usure programmée ?

> Dis, tu travailles sur quoi en ce moment ?

—> Je travaille sur une carte du web. Elle se base sur une hypothèse (Internet a un relief dirigé) issue de mon atlas d’internet . Dans ce chapitre, j’observe la concentration d’activités en ligne repartie entre les mains de quelques acteurs. Spatialement leurs poids étant plus importants, ils ont creusé la surface du web donnant naissance à un relief particulier.

—> En ce moment, je suis entrain de redéfinir l’échelle de ces cartes. Mes premiers dessins se basaient sur un classement : les 500 plus gros sites selon Alexa. Par ce classement, j’obtenais un ordre de grandeur mais pas d’informations précises.

—> Aujourd’hui, j’ai plus de données et je me demande ce qui fait réellement la grandeur d’un site ?
—> Est-ce que c’est la taille en pixel de ses pages ?
—> Le nombre de pages web qu’il possède ?
—> Le nombre de visiteurs et le temps qu’ils restent sur ce site ?
—> Le nombre de clics ?
—> Ou encore, le nombre de liens qui lient vers ce site ?
—> Ou autre chose ?

—> Mais toi, qu’est-ce que tu en penses ? Comment mesurerais-tu Internet ?

> Tu continues de développer ton atlas depuis ta résidence ?

—> Oui.
—> Enfin. L’atlas est fini. Mais je continue à réfléchir à la représentation de l’espace d’Internet. Je me pose la question de l’espace invisible du web. Mais je n’en dirai pas plus pour le moment.

> Ça se passe comment d’ailleurs ?

—> Très bien.
—> Et toi, est-ce que tu te plais au Ludlow Avenue Offices ?

>
> Fais un bisous à Raphaël de notre part.

—> Je n’y manquerai pas.

> xx

—> À très vite,
—> Louise

>
> Adel



Dear Louise,

On est vraiment très excité de débuter cette conversation avec toi !
Dis, tu travailles sur quoi en ce moment ? Tu continues de développer ton atlas depuis ta résidence ? Ça se passe comment d’ailleurs ?

Fais un bisous à Raphaël de notre part.

xx

Adel