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Dear…

Dear all,

Vous vous demandez ce qu’est Dear ? Considérez dans ce cas que c’est un lieu de rendez-vous où critiques, journalistes, penseurs contemporains et artistes se rencontrent ; un lieu où le temps est compté et où les archives s’altèrent. Ce site internet rend public leurs correspondances, en publiant automatiquement le contenu brut de leurs emails.


À propos de Dear

Trop souvent « traduites », appauvries, par l’exercice contraint de l’entretien ou des propos rapportés, les relations privilégiées qu’établissent critiques et artistes tout au long du processus de création semblent dissimulées derrière un masque froid.
Créé au printemps 2015, Dear entend mettre en lumière ces correspondances invisibles par un échange épistolaire publique et sans filtre ; avec la volonté de mettre à l’épreuve, par l’exigence d’un dialogue soutenu, le processus de production lui-même.
Par l’urgence qu’entraine l’absence d’échanges, laissant s’éloigner, jour après jour, le message précédent ; par la mise en page automatique d’un contenu brut envoyé par email, et par la disparition progressive, immuable des données et des reflexions d’hier ; Dear vise à engager le dialogue décomplexé d’un artiste et d’un critique, afin de construire, à deux, une reflexion commune.


Crédits

Dear est une initiative de l’association Simon Bolivar, composée de Cédric Aurelle, Marie Descourtieux, Gilles Drouault, Caroline Ferreira, Emmanuelle Lequeux et Claire Moulène.
Développement de la plateforme : Clément Ducerf.
Élaboration du projet : Adel Cersaque.


Dear bénéficie d’une bourse du DICREAM.


Dear all,

If you do wonder what is Dear, you might as well think of it as a meeting place, where critics, journalists, contemporary thinkers and artists gather ; a place where time is counted and archives alterable. This website is the public display of their live correspondences, automatically publishing the raw content of their emails.


About Dear

Too often “translated”, impoverished by the constrained practice of the interview, the exclusive relationship between critics and artists seem to be concealed behind a cold mask.
Created in spring 2015, Dear aims to shine a light on these hidden activities through a public, unrevised correspondence; with the will to challenge, by a constant dialogue, the process of production itself.
With the urgency of preventing time from setting apart one message from the other; through the automated formatting of a raw email content, and as material and past considerations progressively vanish, Dear intends to initiate an upfront dialogue between an artist and a critic, in order to put together a common reflexion.


Credits

Dear is the joint initiative of the Association Simon Bolivar:
Cédric Aurelle, Marie Descourtieux, Gilles Drouault, Caroline Ferreira, Emmanuelle Lequeux and Claire Moulène.
Development of the platform: Clément Ducerf.
Created by Adel Cersaque.


Dear received a grant from the DICREAM.


Eva Barto

Eva Barto remet en cause les enjeux qu’impliquent la propriété en déstabilisant le statut de l’auteur ainsi que l’économie de production et de diffusion des oeuvres. Elle constitue des environnements ambigus, des contextes de négociations apparemment dénués de particularités dans lesquels il est difficile de saisir ce qu’il faut considérer ou laisser pour compte. Les objets qu’elle conçoit sont des emprunts au réel qu’elle copie ou modifie pour leur donner une valeur d’imposture. Le pouvoir revient ici aux parieurs, aux falsificateurs et aux coupables de plagiat. En savoir plus sur Eva.

Hello Eva,

j’espère que tu vas bien, j’ai enfin eu le temps de lire ton texte, passionnant, merci ; dans ce jeu de ping pong que tu proposes, il me fait penser à un texte de Maria Lind sur la normalisation du temps des expositions, elle citait comme exemple ce documentaire magnifique sur le metteur en scène qui a peut être le plus fait exploser les critères standardisés du modèle documentaire, Peter Watkins.
Je t’envoie donc ce documentaire, « The universal clock », enjoy!

www.nfb.ca/film/universal_clock_resistance_peter_watkins

bises
c





Hello dear Eva,

Désolée de mon silence, je n’ai pas eu une minute à moi, je vais me pencher sur le texte et te répondre, avec plaisir!

En cadeau post NY, deux photos de l’oeuvre de Cally « On False Tears and Outsourcing », des danseurs dans la boite en verre au rez de chaussée du New Museum qu’elle a sur-éclairé et rendue encore davantage « clinique » et corporate avec des panneaux de tissu blanc à l’arrière, la première photo est prise au début du vernissage, à l’extérieur, la deuxième, nous sommes à l’intérieur avec les danseurs et la foule qui nous observe…
Quand on sait que l’inspiration de Cally pour utiliser cet espace est venue des réunions « scrum up meetings » qu’elle avait le matin quand elle travaillait dans une agence de pub, je lis la fiche wikipedia sur ce type de réunions :
en.wikipedia.org/wiki/Stand-up_meeting
Et les questions auxquelles les employés doivent répondre (tout cela debout donc dans un style rapide et efficace!)
What did I accomplish yesterday?
What will I do today?
What obstacles are impeding my progress?


Je t’embrasse
c


Dear Caroline,

Great work, oui je connaissais.. Je viens de lire le texte d’Isabell Lorey, assez déroutant ce texte autour de Precarisation et du Giving Time… elle cite Lazzarato d’ailleurs à plusieurs reprises.
Je me permets d’opérer un petit virage dans le court de nos échanges et te proposer que cette plateforme nous permette d’échanger des textes trouvés sur internet que nous lisons et qui nous font penser au texte envoyé par l’autre…(oui un peu comme un ping pong théorique) . Au début on peut répondre au texte précédent avec un sujet commun, de manière assez classique, mais ce qui peut être intéressant c’est quand ça dérape et que l’une d’entre nous préfère répondre à partir d’un mot clé trouvé dans le texte envoyé par l’autre.. bref tu vois le principe.. on se lassera peut-être.. je ne sais pas.
Bref, même si on ne fait pas cela, à lire ce texte de Lorey, j’aimerais t’envoyer :


http://www.spunk.org/texts/writers/woodcock/sp001734.html

Bon New York, lucky you..

xx

E

Chère Eva,

Comment vas-tu ? A Paris, il pleut, il fait froid, on se croirait en automne. Tu dois au moins profiter de la lumière et de la chaleur du soleil à Nice. J’imagine que tu travailles encore sur les relectures de tes livres.

Je me suis souvenue également de ce qu’avait proposé Maria Eichhorn dans l’exposition du Jeu de Paume de notre dear Mathieu Copeland !

http://lemagazine.jeudepaume.org/2013/06/mathieu-copeland-presente-une-exposition-un-evenement-fren/

La pièce « Entrée gratuite » où des tickets étaient distribués gratuitement, au hasard, pour tous les événements organisés au Jeu de Paume…

J’avais aussi vu une expo de Polly Staple (de la Chisenhale) à l’ICA de Londres, Dispersion, il faut que je retrouve le catalogue, il y avait de mémoire Maria Eichhorn et aussi Hito Steyerl, dont j’adore le travail

Je pars lundi à NY pour le vernissage de Cally Spooner au New Museum, te raconterai!

bises
c
Dear Eva,

Merci d’attirer mon attention sur cette expo, j’en avais vaguement entendu parler, j’ai consulté le site internet, le catalogue est en ligne (http://chisenhale.org.uk/downloads/Maria_Eichhorn_5_weeks%2C_25_days%2C_175_hours_Chisenhale_Gallery_2016.pdf) , comme le symposium organisé avant la fermeture et c’est passionnant, effectivement.
Et l’interview détaillé sur les taches de chacun au sein de la Chisenhale et les différentes textes, je lis le début du texte de Isabell Lorey et je vois un lien direct avec tes intérêts bien sûr…et l’actualité en France…
bises
c

To have no time, to tirelessly do more at once, to become increasingly flexible, to constantly change goals, plans, preferences – and to earn less and less. All this characterises neoliberal work and life. And furthermore, it describes central aspects of subjectivation in an economy of debt.
To accept jobs at minimal or no wage at all; to work, precariously and indebted, in and with institutions that demand precisely this – even the most progressive ones; to put up with de-waging in the present only because it is imagined as speculation with oneself in a secure future of
abundant cultural capital… A personality shaped by moral and financial debt, a personality doubly indebted in this way is both an effect and a linchpin of today’s politico-economic regime of precarisation, which reveals itself in an extreme form in the cultural and academic field, but extends far beyond it.
How can these economies be interrupted? Might we be able to exit from accelerating indebtedness with more time?

Debt and Knowledge
In contemporary capitalism, we are experiencing a diffusion of work into life and at the same time an increasing de-waging of work. Wages are sinking, while hours spent working are on the rise. Working time no longer
covers only tasks that are paid, but tends to encompass all social doing.1
Work is becoming excessive and simultaneously negated as work that should be paid, especially when it comes to creative and cognitive work.
The neoliberal ideology of ‘life-long learning’, with its activating force, has extended the time of education beyond school and university degrees.
The promise of learning something while at work legitimises the nonpayment of that work, not only for the institution in which it is performed.
Especially in the Anglo-Saxon world it has become normal for the ‘learner’, too, to become not only more and more financially indebted, but also to incur moral debts for the duration of one’s increasingly long education. As
if one were to owe something to the particular institution, because skills are trained. The interlacing of knowledge and debt characterises central aspects of contemporary modes of production.
Dear Caroline, Malheureusement je n’ai pas réussir à intégrer comme je le voulais le programme proposé par Black Market, je ne peux donc pas te faire un retour sur la conférence de Lazzarato. Mais en lisant la présentation de Dear, et sur ces questions d’effacement dont on parlait récemment , j’ai pensé à ce projet:

http://chisenhale.org.uk/downloads/Maria_Eichhorn_Visitor_FAQs.pdf

J’ai toujours été très sensible au travail de Maria Eichhorn. Là elle a quand même réussi a fermer la galerie, et tous les emails envoyer sur l’adresse officielle sont effacés automatiquement (j’adore!!). Bon bien entendu il y à un système de sauvetage et d’urgence, mais tout le procédé mis en place via le site et le livre en ligne édité en parallèle, ça me plait. Il faut que je n’y plonge d’avantage.. J’avais tant aimé le projet à Bern ou elle avait utiliser le budget pour faire les travaux de la kunsthalle… That’s all for tonight dear! Je t’embrasse, Eva
Chère Eva,

Nous voilà donc parties dans cette aventure. Je suis très heureuse de commencer ce dear avec toi, où que cela nous mène.

Nous nous sommes croisées très brièvement à Independent Bruxelles, la semaine dernière, tu arrivais d’un long périple depuis Nice, ce long voyage pour voir une conférence de Maurizio Lazzarato organisée dans le cadre des Black Market talks programme de Art Brussels:
http://www.artbrussels.com/fr/Inside%20the%20fair/Talks/Black_Market

Je suis très curieuse de savoir ce que cette conférence tant attendue et durement gagnée (il me semble, mais tout cela tu me raconteras de vive voix !) t’a apportée ? je ne me souviens plus, est-ce la première fois que tu allais l’écouter ?
A lire l’intitulé du programme général, black market et celui plus précis de Lazzarato, je ne peux que penser que tout cela était passionnant…peut-être même ton périple…

bises
Caroline
Dear Eva Barto,

Welcome to Dear.